- La Commission fédérale pour les questions féminines (CFQF) a été instituée le 28 janvier 1976 par le Conseil fédéral suisse.
- La création de la CFQF s’inscrit dans le contexte post-droit de vote des femmes (1971), marqué par une étude sociologique de 1974 et une résolution adoptée lors du IVe Congrès suisse pour les intérêts féminins en 1975.
- Emilie Lieberherr en a été la première présidente.
- En 2026, elle fête ses 50 ans d’existence et d’action en faveur de l’égalité femmes-hommes.
Le 28 janvier 1976, le Conseil fédéral posait un acte fondateur en instituant la Commission fédérale pour les questions féminines (CFQF). Cinquante ans plus tard, cet organe est devenu le témoin et l’acteur privilégié des avancées de notre société, veillant à ce que la voix des femmes résonne au cœur des institutions fédérales.
En 2026, la Suisse s’apprête à célébrer ce jubilé, l’occasion de mesurer le chemin parcouru depuis les premiers pas de cette commission extraparlementaire.
Une naissance portée par le souffle du changement
L’histoire de la CFQF prend racine dans l’élan qui a suivi l’obtention du droit de vote et d’éligibilité des femmes en 1971. Malgré cette victoire historique, le pays manquait encore d’une structure nationale pour penser les défis de l’égalité.
Deux éléments ont précipité sa création :
- une étude sociologique marquante de 1974 révélant l’ampleur des discriminations
- et une résolution forte adoptée lors du IVe Congrès suisse pour les intérêts féminins en 1975.
Sous l’impulsion de sa première présidente, Emilie Lieberherr, la commission a immédiatement commencé à forger la politique d’égalité helvétique. Dès ses débuts, elle s’est attaquée à des sujets alors peu médiatisés, comme les violences faites aux femmes ou les inégalités dans le droit du mariage.
Un pont entre la société civile et les autorités
Aujourd’hui, la CFQF agit comme un organe consultatif indépendant, créant un lien indispensable entre le monde politique, l’administration et les citoyennes. Elle ne se contente pas d’observer ; elle analyse les évolutions législatives et formule des recommandations concrètes pour le Conseil fédéral.
Sa force réside dans sa composition plurielle, réunissant des représentantes d’organisations féminines, des partenaires sociaux et des experts scientifiques.
Parmi ses accomplissements majeurs, on compte :
- La création en 1988 du Bureau fédéral de l’égalité (BFEG).
- La publication continue de la revue spécialisée Questions au féminin.
- Des travaux précurseurs sur la conciliation entre vie professionnelle et vie privée.
Nouveaux horizons : des algorithmes au « backlash »
Loin de se reposer sur ses acquis, la commission se tourne vers les défis technologiques et sociétaux de demain. Récemment, elle a mis en lumière les risques de discrimination algorithmique à travers une analyse juridique détaillée publiée en 2025. Elle examine comment les systèmes numériques peuvent reproduire des biais de genre et propose des mesures pour renforcer la protection juridique des femmes dans ce domaine.
Pour son année jubilaire en 2026, la CFQF a choisi de se pencher sur un phénomène mondial inquiétant : le backlash antiféministe. Face aux pressions croissantes exercées sur les droits des femmes et à la polarisation de la société, la commission entend proposer des stratégies de résistance et de dialogue.
Un rendez-vous festif et réflexif à Berne
Le point d’orgue de cet anniversaire aura lieu le 23 avril 2026 à Berne, au centre PROGR. Cet événement, marqué par la présence de la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider, sera un moment de partage entre anciennes et nouvelles générations de militantes et d’experts.
À cette occasion, le Prix EKF sera remis à une personnalité féminine ayant durablement marqué la politique d’égalité en Suisse, honorant ainsi un demi-siècle de persévérance et de visions partagées. Plus qu’une simple commémoration, ce jubilé réaffirme que l’égalité, bien que solidement ancrée dans les textes, reste un idéal à cultiver chaque jour.
Source :
- https://www.vtg.admin.ch/fr/newnsb/0IoJgpXV2k81puOj8QR7L