La Fédération internationale des femmes diplômées des universités (FIFDU) est une organisation non gouvernementale internationale dédiée à la promotion de l’éducation, de l’égalité des genres et du leadership féminin à travers le monde.
Présentation générale
L’histoire de cette institution prend racine au lendemain de la Première Guerre mondiale, en 1919. Sous l’impulsion de trois universitaires, la doyenne américaine Virginia Gildersleeve et les professeures britanniques Caroline Spurgeon et Rose Sidgwick naît l’idée d’un réseau mondial unissant les femmes universitaires. Leur ambition, selon les archives de l’organisation, était de favoriser la compréhension internationale et l’amitié entre diplômées afin de contribuer à un ordre international plus pacifique par le biais de l’éducation. La fédération a été officiellement fondée le 11 juillet 1919 à Londres.
Sur le plan juridique, la fédération est une organisation non gouvernementale (ONG) internationale à but non lucratif. Le 27 avril 2015, elle a opéré un tournant identitaire en adoptant le nom de Graduate Women International (GWI). Ce changement visait à mieux refléter la diversité contemporaine de ses membres et à adopter une terminologie plus inclusive pour les femmes ayant obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur à l’échelle globale.
Ancrée en terre helvétique, l’organisation a établi son siège à Genève depuis 1972, une localisation qui facilite les mécanismes de consultation avec les institutions internationales. La fédération bénéficie d’une reconnaissance diplomatique ancienne : elle détient le statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) depuis 1947.
Elle figure d’ailleurs parmi les dix premières ONG au monde à avoir obtenu cette reconnaissance. Elle entretient également des relations de partenariat officielles avec l’UNESCO et l’Organisation internationale du Travail (OIT). Son public cible se compose de femmes diplômées, tout en œuvrant pour que 100 % des filles accèdent à une éducation au-delà du cycle primaire.
Missions principales
La mission fondamentale de la fédération repose sur la conviction que l’éducation est un levier essentiel de l’autonomisation et de la paix. L’organisation se fixe pour objectif que toutes les femmes puissent accéder à une éducation de qualité, incluant les niveaux secondaire, supérieur et technique, dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie.
Un second pilier concerne la défense des droits des femmes diplômées. La fédération travaille à l’égalité des chances dans les carrières professionnelles et encourage l’accession des femmes aux postes de haute responsabilité. Pour soutenir ces ambitions, elle anime des réseaux internationaux permettant à des expertes de collaborer sur des enjeux globaux tels que la sécurité, la santé ou l’environnement.
L’action de l’organisation se concrétise également par des programmes et bourses d’excellence. Le Fonds Hegg Hoffet pour les femmes diplômées déplacées, initié en 1936, occupe une place particulière. Marqué par l’influence de personnalités suisses, ce fonds offre des aides financières à court terme pour la réintégration professionnelle, incluant des cours de langues ou des certifications nécessaires dans le pays d’accueil. Parallèlement, la fédération octroie des bourses de recherche doctorale pour soutenir des travaux académiques à fort impact social.
Structure et fonctionnement
L’organisation repose sur une structure démocratique composée de Fédérations et Associations Nationales (FAN) présentes dans plus de 40 pays, complétées par des membres indépendantes réparties dans environ 40 autres nations. Elle représente un réseau de plus de 9 000 membres à travers le monde.
En Suisse, l’Association Suisse des Femmes Diplômées des Universités (ASFDU), fondée en 1924, assure le relais national. L’ASFDU est une association de droit privé helvétique qui, sans disposer de mandat étatique, joue un rôle reconnu dans la promotion des intérêts des diplômées en Suisse et a récemment célébré son centenaire.
La gouvernance est assurée par l’Assemblée générale, autorité suprême qui se réunit tous les trois ans lors d’un congrès triennal pour définir les orientations politiques. Cet organe élit le Conseil d’administration (Board of Officers) et adopte des résolutions qui guident le plaidoyer mondial.
L’implantation géographique de l’organisation est stratégiquement conçue pour participer aux débats internationaux. Outre Genève, la fédération dispose de représentantes permanentes aux Nations Unies à New York, Paris et Vienne. Cette présence permet une participation aux sommets tels que la Commission de la condition de la femme (CSW) ou le Conseil des droits de l’homme.
Domaines d’action
Les interventions de la fédération se concentrent sur quatre domaines interconnectés :
- Éducation : En phase avec l’Objectif de développement durable 4 (ODD 4), l’organisation soutient des projets comme « Teachers for Rural Futures » en Ouganda, qui forme des enseignantes rurales pour créer des modèles de réussite locale.
- Égalité des genres : La fédération se positionne comme un acteur engagé sur les enjeux d’éducation numérique, d’intelligence artificielle et d’éducation verte. Elle soumet régulièrement des déclarations à l’ONU sur la réduction de la fracture numérique et la lutte contre les violences basées sur le genre.
- Recherche : L’organisation valorise l’expertise scientifique féminine en finançant des doctorantes. Les bourses soutiennent des recherches dans des domaines variés comme la biodiversité, la gouvernance de la sécurité urbaine ou les systèmes de santé.
Pourquoi la FIFDU est-elle importante ?
La fédération constitue une voix reconnue dans les forums onusiens, capable de porter les perspectives des femmes diplômées dans les enceintes où se discutent les politiques mondiales. Son expertise, forgée par plus d’un siècle d’existence, lui confère une légitimité particulière en matière de plaidoyer international pour les droits des femmes.
Elle contribue aux discussions relatives à l’Agenda 2030 des Nations Unies. Par ses recommandations, elle incite les États membres à accroître les financements pour l’éducation et à faciliter la transition des filles vers l’enseignement secondaire. Elle maintient une vigilance sur l’inclusion des femmes dans les domaines technologiques émergents et la promotion d’une éducation respectueuse de l’environnement, thèmes qui constituent des axes récents de son action.
Sa contribution à l’autonomisation des femmes est illustrée par le programme « Bina Roy Partners in Development » (BRPID). Ces micro-projets locaux montrent concrètement comment les compétences académiques peuvent soutenir le développement des communautés : formation à l’intelligence artificielle au Salvador, alphabétisation fonctionnelle au Népal, ou éducation à l’éco-citoyenneté au Sénégal. En Égypte, l’organisation soutient également des programmes sur la santé nutritionnelle des femmes à différents stades de la vie.
L’héritage
L’héritage de la Fédération internationale des femmes diplômées des universités témoigne d’une volonté constante d’unir l’excellence académique à la solidarité internationale. Depuis 1919, l’organisation a su évoluer pour répondre aux défis contemporains, de l’accès aux technologies numériques à la lutte contre les crises climatiques.
En s’appuyant sur son ancrage diplomatique à Genève et sur la vitalité de ses réseaux nationaux, elle demeure une instance de plaidoyer importante pour toutes celles qui voient dans le savoir un outil indispensable au progrès social et à une paix durable.
Sources :
- Graduate Women International – https://graduatewomen.org
- Graduate Women International, Wikipédia – https://fr.wikipedia.org/wiki/Graduate_Women_International