Société d’utilité publique des femmes suisses (SUPFS)

EN BREF

La Société d’utilité publique des femmes suisses (SUPFS), officiellement Dachverband Schweizerischer Gemeinnütziger Frauen (SGF) est une organisation suisse d’utilité publique active dans le soutien social et l’engagement civique, notamment via un réseau de sections locales.

(Note terminologique : l’appellation officielle est SGF ; « Société d’utilité publique des femmes suisses » est attestée en français dans le DHS/HLS. Le sigle SUPFS est utilisé ici comme forme française usuelle.)

Historique et fondation de la SUPFS

L’histoire de la SGF débute en 1888 à Aarau. Elle se constitue comme organisation faîtière de sociétés féminines d’utilité publique (notamment en Suisse alémanique et romanche). La création est liée, selon le DHS/HLS, à des conflits au sein du Schweizerischer Frauen-Verband (fondé en 1885) : Emma Boos-Jegher lance en 1888 la SGF avec Rosina Gschwind-Hofer et Emma Coradi-Stahl.

À ses débuts, la SGF se distingue d’associations féminines centrées prioritairement sur l’égalité politique, en mettant l’accent sur des actions pratiques et sur la formation (notamment dans le domaine de l’économie domestique), dans une perspective d’utilité publique.

Dans ce cadre, elle contribue à structurer et à soutenir des formations liées, entre autres, à l’économie ménagère, aux soins et à certaines activités professionnelles féminines. Un repère juridique important est l’arrêté fédéral de 1895 relatif à l’enseignement de l’économie domestique et à l’instruction professionnelle des femmes, souvent cité comme un élément du contexte d’institutionnalisation/encouragement de ces formations.

Pendant la Première Guerre mondiale, la SGF se voit confier la collecte du Don national féminin (Nationale Frauenspende, lancé en 1915) : la campagne dépasse le million de francs et sert notamment et selon les sources, principalement à financer des mesures d’aide sociale en faveur des soldats (dont des Soldatenstuben) et de leurs familles.

En 2004, l’organisation change sa dénomination et se présente comme l’association faîtière (Dachverband) qu’elle est aujourd’hui.

Missions et objectifs de la SUPFS

Dans ses documents institutionnels, la SGF met en avant :

  • le renforcement de la solidarité et de l’engagement bénévole ;
  • un rôle de soutien et de coordination pour ses sections ;
  • des prises de position et une participation à des processus consultatifs sur des thèmes touchant les femmes et les familles.

Activités et actions concrètes

Sur le plan historique, le DHS/HLS mentionne notamment :

  • la promotion d’écoles et de formations en économie domestique ;
  • l’encouragement, en 1901, de la création de l’École suisse d’infirmières à Zurich ;
  • la fondation, en 1906, d’une école d’horticulture à Niederlenz.

Aujourd’hui, l’action se décline de manière décentralisée, via les sections et via des instruments de la faîtière, par exemple :

  • des boutiques de seconde main et activités de proximité (selon les sections) ;
  • un SGF-Solidaritätsfonds (fonds de solidarité) destiné à soutenir des personnes faisant face à des difficultés financières temporaires, selon des critères définis par la SGF ;
  • le SGF-Preis, qui valorise des initiatives associatives (ex. projets primés 2024/2025 dans les publications SGF).

SAFFA 1928

La SGF a soutenu la SAFFA 1928. L’exposition est portée notamment par le Bund Schweizerischer Frauenvereine (BSF), le Schweizerischer Katholischer Frauenbund (SKF) et d’autres organisations. Les bénéfices de la SAFFA 1928 sont liés à la création (en 1931) de la SAFFA Bürgschaftsgenossenschaft, active dans le soutien à l’entrepreneuriat féminin.

Organisation et fonctionnement

La SGF est une organisation faîtière nationale basée à Lenzburg (secrétariat central au Müllerhaus). Le réseau a évolué : le DHS/HLS mentionne 136 associations et environ 30 000 membres en 2021 (contre env. 70 000 membres en 2010), et les publications SGF indiquent que le nombre de sections continue de varier.

Le financement provient notamment des cotisations, de dons et de la gestion d’actifs. La SGF documente aussi la vente (en 2020) d’éléments immobiliers/terrains à Niederlenz et l’affectation à des fonds liés aux tâches/au soutien du réseau.

Impact et reconnaissance publique

La SGF est rattachée depuis 1893 à la Société suisse d’utilité publique (SSUP/SGG) et depuis 1894 à la Croix-Rouge suisse (membre collectif), selon le DHS/HLS.

Elle est également associée à la création en 1908 de la Schweizerische Vereinigung für Kinder- und Frauenschutz (Pro Juventute) ; la fondation Pro Juventute est, elle, fondée en 1912.

La SUPFS aujourd’hui : rôle et enjeux actuels

La SGF annonce sa 138e assemblée générale le 10 juin 2026 à Olten, sous le thème « Tradition bewegt Zukunft ».

La SGF indique par ailleurs qu’une campagne nationale de soutien à des projets d’hospices pédiatriques (fondations Kinderhospiz Schweiz flamingo et allani) a été décidée en 2024, avec une remise/étape prévue lors de la GV 2026.

Différence avec d’autres organisations féminines suisses

Historiquement, le DHS/HLS relève que la SGF n’adhéra pas au Bund Schweizerischer Frauenvereine (BSF) lors de sa création. La SGF peut ainsi être présentée comme une faîtière axée sur l’utilité publique et le réseau de sections, tandis que d’autres structures (comme alliance F, héritière du BSF) portent davantage une action de représentation politique.

Les coopérations existent toutefois : la SGF mentionne sa participation à la Session des femmes 2021.

Résilience historique

La Société d’utilité publique des femmes suisses témoigne d’une résilience historique remarquable. En alliant pragmatisme helvétique et solidarité active, elle a su transformer le service à la collectivité en un levier d’autonomie et de professionnalisation pour les femmes.

Aujourd’hui, en modernisant son action sans renier ses racines associatives, la SGF continue de prouver que l’engagement pour l’intérêt général demeure un moteur indispensable de la cohésion sociale et de la citoyenneté active en Suisse.

Sources :
  • https://hommage2021.ch/fr/histoire
  • https://www.sgf.ch/de
  • https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/016502/2022-07-26/