Au cœur de l’intimité : quand la science genevoise redonne une voix à la sensibilité féminine

Modèles anatomiques de vulves montrant différentes configurations génitales féminines, utilisés à des fins de formation médicale et de recherche sur la sensibilité vulvo-clitoridienne. Modèles anatomiques de vulves montrant différentes configurations génitales féminines, utilisés à des fins de formation médicale et de recherche sur la sensibilité vulvo-clitoridienne.
EN BREF
  • Un projet de recherche aux Hôpitaux Universitaires de Genève et à l’Université de Genève étudie la sensibilité de la vulve et du clitoris.
  • Ce projet de recherche est conçu pour utiliser un appareil connecté portable.
  • L’étude est financée par la Fondation Leenaards.
  • L’étude vise à obtenir une mesure objective des seuils de sensibilité tactile.
  • L’étude fait partie de efforts pour mieux comprendre la santé sexuelle féminine.

Longtemps restée dans l’ombre des tabous médicaux, la santé sexuelle et génitale des femmes franchit aujourd’hui une étape historique à Genève. Sous l’impulsion des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) et de l’Université de Genève (UNIGE), un projet de recherche novateur s’attèle à lever le voile sur un mystère encore trop peu exploré par la médecine : la mesure objective de la sensibilité de la vulve et du clitoris.

Une révolution technologique au service du confort et de l’intimité

L’un des défis majeurs de cette étude est la création d’un appareil connecté, discret et portable, conçu pour être utilisé dans le calme et la confidentialité de son propre domicile.

S’inspirant des neurosciences et de la technologie des vibrations, ce dispositif permet aux femmes d’évaluer elles-mêmes leurs seuils de sensibilité tactile de manière précise.

Jusqu’à présent, les professionnelles et professionnels de santé ne disposaient d’aucun outil de mesure scientifique pour quantifier ces sensations, obligeant souvent les patientes à subir des examens cliniques perçus comme gênants ou invasifs.

Au-delà du scalpel : une approche globale de la reconstruction

Si cette recherche revêt une importance capitale pour les femmes vivant en Suisse avec une mutilation génitale, sa portée est universelle.

La philosophie portée par la Dre Jasmine Abdulcadir, experte en gynécologie, souligne que la reconstruction n’est pas uniquement l’affaire d’une chirurgie : c’est un cheminement personnel de réappropriation de son corps.

Un constat fascinant ressort de la pratique clinique aux HUG

Près de 50 % des femmes envisageant une chirurgie reconstructive après une excision y renoncent finalement grâce à un accompagnement psychosexuel et une meilleure éducation à l’anatomie.

Elles réalisent ainsi que leur corps, bien que transformé, conserve des capacités de plaisir et de fonctionnalité. L’étude rappelle d’ailleurs que la satisfaction sexuelle est multifactorielle et ne dépend pas uniquement de l’anatomie visible.

Un projet d’envergure lauréat du Prix Leenaards

Financé par la Fondation Leenaards, ce projet vise à inclure 160 participantes afin de constituer une base de données solide. L’étude bénéficie non seulement aux femmes ayant subi des mutilations, mais aussi à toutes celles dont la sensibilité a été altérée par un accouchement traumatique, une chirurgie pour un cancer ou des troubles neurologiques.

En participant, chaque femme contribue à transformer le silence en savoir et à offrir des outils concrets pour améliorer le suivi clinique et psychosexuel de milliers d’autres.

Comment participer à cette aventure scientifique ?

L’étude est ouverte aux femmes cisgenres de plus de 18 ans, qu’elles présentent ou non un traumatisme génital. Les critères d’exclusion concernent principalement la grossesse ou un accouchement de moins de 12 mois, ainsi que certaines pathologies neurologiques ou dermatologiques sévères.

Le protocole de recherche, d’une durée totale d’environ trois heures, comprend des entretiens avec une gynécologue et une psycho-sexologue, une prise de sang, ainsi qu’une évaluation de la sensibilité et du flux sanguin par échographie externe.

En reconnaissance de leur temps et de leur engagement, chaque participante reçoit un dédommagement de 100 CHF.

Informations pratiques et inscriptions

Toutes les données sont traitées de manière strictement confidentielle et codées sous l’approbation de la Commission cantonale d’éthique.

Lieu des rendez-vous :

Maternité des HUG, Service de gynécologie, boulevard de la Cluse 30, 1205 Genève.

Contact et renseignements :

Vous pouvez contacter Mylène Bolmont par e-mail à l’adresse etude-isense@hug.ch.

Permanence téléphonique :

L’équipe est joignable au 079 553 55 16 les lundis, mardis et jeudis, de 9h à 18h.

Sources :
  • https://recherche.hug.ch/etudes/etude-sur-la-sensibilite-de-la-vulve
  • https://leenaards.ch/prix/innovation-dans-la-prise-en-charge-des-mutilations-genitales-feminines-un-nouvel-outil-pour-mesurer-la-sensibilite-genitale/
  • https://vimeo.com/1068791345?fl=pl&fe=ti
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Maeva Lasmar

Journaliste

Maeva Lasmar est une journaliste engagée qui s’intéresse aux réalités vécues par les femmes d’aujourd’hui en Suisse romande : charge mentale, bien-être, équilibre professionnel et reconnaissance émotionnelle.


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