Reconnexion à soi : rituels simples pour femmes actives

Femme active prenant un moment de reconnexion à soi et de calme à la maison Femme active prenant un moment de reconnexion à soi et de calme à la maison

Et si le plus grand défi de nos journées ultra-rythmées n’était pas de tout faire, mais de savoir s’arrêter ?

Dans un quotidien souvent rythmé par les impératifs professionnels et personnels, il arrive que le sentiment de courir après le temps peut finir par devenir une habitude. Entre les dossiers à boucler, l’organisation de la maison, la gestion de la charge mentale et la volonté d’être présente sur tous les fronts, le corps et l’esprit finissent par fonctionner en pilotage automatique.

Cette accélération constante peut rendre plus difficile l’écoute de ses propres besoins, laisser moins de place au repos et fragiliser l’équilibre entre les différentes sphères de la vie. À force de tout donner aux autres et aux obligations, nous pouvons finir par nous oublier en chemin.

Pourtant, s’accorder des moments de retrait ne signifie pas nécessairement tout arrêter, s’isoler pendant des semaines ou partir en retraite loin de tout. Il peut simplement s’agir de créer, au fil de la journée, des micro-espaces pour observer ce qui se passe en soi, faire redescendre la pression et prendre du recul avant de poursuivre.

Voici quatre pistes concrètes, inspirées des outils de l’accompagnement, pour instaurer ces moments de respiration au cœur même de l’action.

1. La météo intérieure : prendre un moment pour s’écouter

La « météo intérieure » peut être utilisée comme un bref exercice d’observation de soi. Elle consiste à marquer un arrêt pour remarquer ce qui se passe à différents niveaux : dans nos comportements, nos pensées et nos sensations.

  • Pourquoi ? Pour identifier en conscience notre état du moment, repérer certaines sensations ou tensions et identifier plus clairement nos besoins avant de poursuivre notre journée. 
  • Comment ? Pendant quelques instants, portez votre attention sur trois dimensions :
    • Votre comportement : que faites-vous en ce moment ? Quelle est votre posture ou votre manière d’agir ? Êtes-vous posée ou en train de vous précipiter ?
    • Vos pensées : qu’est-ce qui occupe votre esprit ? Une anticipation ? Une inquiétude ? Une critique intérieure ? Cette impression que tout est urgent ?
    • Votre état intérieur : que remarquez-vous dans votre corps et dans vos émotions ? Une nuque tendue, une respiration courte, de la fatigue, de l’agacement ou de l’enthousiasme ?…

L’idée n’est pas de corriger immédiatement ce que vous observez ni de chercher à vous sentir autrement. Commencez simplement par observer ce qui est présent, sans jugement.

  • Quand ? Entre deux réunions, avant de reprendre les transports ou votre voiture, en quittant votre lieu de travail ou en rentrant chez vous.
  • Combien de temps ? Trente secondes peuvent déjà suffire pour une reconnexion à soi. Plus si vous le pouvez ou en ressentez le besoin. 

2. Poser une frontière entre vie professionnelle et vie personnelle 

Le travail a aujourd’hui une étonnante capacité à nous poursuivre partout. Dans notre téléphone, nos emails et, parfois, jusque dans nos pensées au moment de nous coucher. 

Pour préserver son espace personnel, je vous propose d’utiliser l’image de la « moquette blanche » : imaginez votre vie privée comme un espace que vous souhaitez protéger de ce qui appartient à votre journée professionnelle. 

Vous rentrez chez vous après une journée chargée. Sur vos chaussures, vous transportez symboliquement tout ce qui appartient au travail : les urgences, les emails auxquels vous n’avez pas répondu, une conversation difficile, les dossiers du lendemain, les tensions ou simplement les pensées qui continuent de tourner.

Avant de marcher sur cette moquette blanche, vous vous arrêtez un instant. Qu’est-ce que je décide de ne pas laisser entrer dans cet espace ? 

  • Pourquoi ? pour matérialiser une frontière parfois difficile à poser mentalement : ce qui appartient à ma journée professionnelle n’a pas forcément besoin d’entrer avec moi dans mon espace personnel. 
  • Comment ? Créez un rituel de transition pour marquer la fin de votre journée : fermer l’ordinateur, couper les notifications professionnelles, définir des horaires pour consulter ses emails ou utiliser un téléphone distinct. Choisissez une limite réaliste, adaptée à votre quotidien et que vous pouvez réellement respecter sans culpabilité.
  • Quand ? Au moment de quitter son lieu de travail, en rentrant chez soi ou simplement lorsque l’on ferme son ordinateur si l’on travaille à domicile, pendant ses temps de pauses et ses jours de repos.
  • Combien de temps ? Quelques secondes suffisent pour marquer symboliquement la transition. L’essentiel est surtout de répéter ce rituel suffisamment régulièrement pour qu’il devienne un repère entre le temps professionnel et le temps personnel. 

3. Revenir au souffle pour interrompre le rythme

La respiration a un avantage précieux : elle est toujours disponible. Porter son attention sur son souffle permet de s’extraire quelques minutes du rythme de la journée, sans matériel ni préparation particulière. 

  • Pourquoi ? Pour interrompre momentanément le rythme, revenir à l’instant présent et retrouver une sensation de calme lorsque la pression monte.
  • Comment ? Installez-vous confortablement, les pieds bien ancrés au sol, et observez simplement le va-et-vient de votre respiration. Vous pouvez aussi essayer un exercice de respiration guidée, comme la respiration carrée ou la cohérence cardiaque, en choisissant la pratique qui vous convient. Inutile de chercher à « faire le vide » ou à réussir parfaitement l’exercice. Ces quelques instants sont simplement une invitation à revenir à vous. 

Pour aller plus loin, découvrez également nos exercices de respiration et choisissez celui qui vous paraît le plus accessible ou le plus facile à intégrer au quotidien.

  • Quand ? Lorsque vous sentez la pression monter, avant une tâche importante ou simplement entre deux activités.
  • Combien de temps ? Deux à trois minutes, ou davantage selon le temps dont vous disposez. Idéalement 2 à 3 fois par jour.

4. Créer un espace de calme par le silence

Nous vivons entourées de sons et de sollicitations. Conversations, messages, musique, radio, podcasts, vidéos, écrans… Même nos moments de pause sont souvent remplis. Et si, de temps en temps, nous ne les remplissions justement de rien ? 

Le silence peut devenir un véritable sas dans une journée chargée. Non pas pour « faire » quelque chose de plus, mais pour laisser momentanément retomber le bruit extérieur. 

  • Pourquoi ? Pour diminuer momentanément les sollicitations, retrouver un peu de calme et laisser davantage de place à nos pensées et sensations ; et ainsi créer un espace propice à la réflexion.
  • Comment ? Offrez-vous quelques minutes totalement déconnectées, sans musique, sans radio, sans podcast ni écran. Vous pouvez simplement rester assise, fermer les yeux ou boire votre café sans consulter votre téléphone ou marcher quelques minutes en silence (sans écouteurs) ou observer par la fenêtre. Et surtout, ne cherchez pas à « réussir » votre moment de silence. Il n’y a rien à produire, rien à atteindre. Laissez simplement l’espace se créer autour de vous et en vous.
  • Quand ? Au réveil, pendant une courte promenade, après le déjeuner ou dans le sas de décompression après une journée de travail.
  • Combien de temps ? Commencez par quelques minutes. C’est déjà permettre de créer une bulle de calme au milieu du tumulte.

Des petits changements, à votre propre rythme

Ces quatre rituels ne sont ni une méthode miracle ni une énième to-do list culpabilisante à réussir. Ce serait même tout le contraire. 

Ils sont simplement des invitations à remettre un peu d’espace dans un quotidien parfois trop rempli et à retrouver progressivement l’habitude de s’écouter. 

Il n’est donc pas nécessaire de tout essayer dès demain. Le piège serait d’en faire une obligation de plus. Mais plutôt de commencer par une seule pratique, l’expérimenter pendant quelques jours et observer ce qui vous convient réellement.

Trente secondes de météo intérieure, quelques minutes sans écran le soir ou une limite claire posée autour de votre travail peuvent progressivement devenir de nouveaux repères. L’essentiel est de trouver des pratiques qui s’intègrent naturellement à votre rythme, à vos besoins et à votre réalité de vie.

Et si vous preniez davantage de temps pour vous écouter ?

Ces rituels peuvent aider à retrouver quelques repères simples dans les périodes où tout semble s’accélérer pour créer davantage de pauses et de recul au quotidien. Elles peuvent aussi faire émerger d’autres questions. 

Suis-je encore à ma place ? De quoi ai-je réellement besoin aujourd’hui ? Qu’est-ce que je continue à accepter alors que cela ne me convient plus ? Vers quoi ai-je envie d’aller maintenant ? 

Certaines périodes de vie et certaines transitions professionnelles nous invitent justement à regarder ces questions avec davantage d’attention.

Dans ces moments, un accompagnement personnalisé peut offrir un cadre pour prendre du recul, clarifier ses aspirations, observer certains schémas qui se répètent et réfléchir aux changements que l’on souhaite mettre en place.

Il ne s’agit pas d’avoir immédiatement toutes les réponses, mais parfois simplement de s’offrir un espace dans lequel les bonnes questions peuvent enfin être posées.

Si la fatigue persiste, devient inhabituelle ou commence à peser sur votre quotidien, il est important d’en parler à un professionnel de santé afin d’en rechercher les causes.

Faire de la place pour soi

Se reconnecter à soi ne commence pas forcément par un grand chamboulement. 

Parfois, cela commence par trente secondes entre deux rendez-vous. Par un téléphone que l’on pose. Par une respiration que l’on remarque enfin. Par quelques minutes de silence que l’on ne cherche plus à remplir.

Ou simplement par une question que l’on prend enfin le temps de se poser :

« Et moi, de quoi ai-je besoin aujourd’hui ? »

Je vous souhaite de belles reconnexions et d’aller de mieux en mieux.

Note :

Cet article propose des pistes générales de bien-être et de réflexion personnelle. Il ne constitue pas un avis médical ou psychologique et ne remplace pas l’accompagnement d’un professionnel de santé lorsque celui-ci est nécessaire. Vous pouvez en savoir plus sur les limites de nos contenus bien-être.

Photo de profil de Delphine Malapert

Delphine Malapert

Coach de vie, praticienne en PNL et EMDR-DSA

Installée à Genève, Delphine Malapert est coach de vie, praticienne en PNL et formée à l’approche EMDR-DSA, qu’elle mobilise dans son accompagnement de la régulation émotionnelle et du mieux-être. Elle poursuit actuellement une formation en hypnothérapie, dans une démarche d’enrichissement continu de ses compétences.




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