Il y a des matins où l’on se réveille sans vraiment se sentir reposée. La journée commence à peine que l’on pense déjà à tout ce qui nous attend : ce dossier à finir, un rendez-vous à organiser, un message auquel il faut répondre, les courses à prévoir…
Rien d’extraordinaire, finalement. Juste une accumulation de petites choses qui, mises bout à bout, finissent par prendre beaucoup de place.
Et parfois, sans que l’on sache très bien pourquoi, tout devient plus difficile. On cherche ses mots, on relit trois fois le même email, on s’agace pour un détail. Même choisir ce que l’on va préparer pour le dîner semble demander un effort.
On se promet alors de mieux dormir, de s’organiser autrement ou de profiter du prochain week-end pour souffler.
Mais si le problème ne venait pas de notre organisation ? Et si cette fatigue disait aussi quelque chose de tout ce que nous portons, souvent sans même nous en rendre compte ?
Fatigue mentale : quand notre esprit n’arrive plus à souffler
La fatigue mentale se traduit souvent par une sensation de saturation, comme si notre esprit n’avait plus suffisamment d’espace pour accueillir une nouvelle demande.
Elle peut apparaître lorsque notre attention est sollicitée pendant de longues périodes, sans véritables moments de repos, notamment lorsque nous devons gérer plusieurs tâches en parallèle ou faire face à des interruptions fréquentes. Les difficultés de concentration, les oublis, l’irritabilité ou l’impression d’avoir constamment trop de choses en tête peuvent en être des manifestations.
Certaines femmes décrivent aussi une fatigue qui ne disparaît pas complètement après une nuit de sommeil, ou cette impression désagréable de devoir fournir davantage d’efforts pour accomplir des tâches autrefois simples.
Ces signes ne constituent pas un diagnostic et peuvent avoir plusieurs origines. Ils méritent néanmoins que l’on s’y attarde, surtout lorsqu’ils deviennent fréquents.
Car il existe une fatigue liée à ce que nous faisons, et une autre, plus discrète, liée à tout ce que nous continuons à penser, prévoir et surveiller.
Pourquoi passer d’une tâche à l’autre nous fatigue autant
Imaginez une matinée ordinaire.
Vous préparez une présentation importante lorsqu’une notification vous rappelle un rendez-vous à confirmer. Vous ouvrez votre agenda, puis un appel interrompt votre réflexion.
Vous répondez, échangez quelques minutes, puis revenez à votre présentation. Mais vous ne savez plus exactement où vous en étiez. Vous relisez les dernières lignes, retrouvez votre raisonnement et réalisez ensuite que vous n’avez toujours pas confirmé le rendez-vous.
Entre-temps, une autre obligation vous est venue à l’esprit. En quelques minutes, votre attention a changé plusieurs fois de direction. Ce fonctionnement sollicite fortement notre attention.
Contrairement à une idée répandue, notre cerveau ne peut pas mener simultanément plusieurs activités complexes qui nécessitent de réfléchir, de décider ou de mémoriser des informations. Il doit régulièrement déplacer son attention d’une activité à une autre.
Et chaque changement demande un effort : retrouver ce que nous étions en train de faire, nous rappeler les informations utiles, puis reprendre notre raisonnement.
Les recherches en psychologie cognitive montrent que ces changements répétés peuvent ralentir notre travail et augmenter les risques d’erreur. Des travaux publiés dans le Journal of Experimental Psychology ont notamment mis en évidence un coût temporel lié au passage d’une tâche à une autre, particulièrement lorsque les activités sont complexes ou peu familières.
Ce qui nous épuise n’est donc pas uniquement le nombre de tâches, mais aussi les interruptions et les efforts nécessaires pour retrouver notre concentration.
À cela s’ajoute un autre phénomène : les obligations que nous n’avons pas encore réalisées continuent parfois d’occuper notre esprit.
Le rendez-vous à confirmer, le document à envoyer ou le message auquel nous devons répondre restent parfois présents en arrière-plan, même lorsque nous essayons de nous concentrer sur autre chose.
Notre cerveau doit ainsi gérer à la fois l’activité du moment et le souvenir de ce qu’il faudra faire plus tard.
Cette vigilance répétée peut contribuer à notre sensation de fatigue.
Pourquoi certaines femmes se sentent-elles particulièrement épuisées ?
Bien sûr, la fatigue mentale concerne aussi les hommes. Mais les responsabilités ne sont pas toujours réparties de la même manière, notamment dans la sphère familiale.
La charge mentale, ou l’art de penser à tout
Faire les courses est une tâche. Penser à ce qu’il manque, prévoir les repas, tenir compte des horaires de chacun et anticiper les besoins de la semaine en est une autre.
La première se voit. La seconde, beaucoup moins.
C’est précisément cette anticipation permanente que recouvre une partie de la charge mentale. Il ne s’agit pas simplement d’accomplir des tâches, mais d’en garder la responsabilité, parfois même lorsqu’une autre personne se charge de les réaliser.
Prenons l’exemple des activités extrascolaires d’un enfant.
Il ne suffit pas de connaître les horaires de chacun. Il faut parfois coordonner les déplacements, prévoir les imprévus, vérifier que les documents nécessaires sont disponibles et s’assurer que rien d’important n’a été oublié.
Ces petites obligations ne demandent pas nécessairement beaucoup de temps lorsqu’on les considère séparément. Mais leur accumulation représente un véritable travail d’organisation.
En psychologie cognitive, on parle notamment de mémoire prospective pour désigner notre capacité à nous souvenir de réaliser une action dans le futur.
Cette mémoire nous permet de ne pas oublier un rendez-vous ou une échéance. Mais elle possède ses limites : plus nous devons garder d’intentions en tête, plus leur gestion peut interférer avec ce que nous faisons au présent.
C’est pourquoi une journée apparemment ordinaire peut laisser une impression d’épuisement disproportionnée par rapport aux tâches effectivement accomplies.
À cela s’ajoute souvent ce que l’on appelle le travail de care :
- prendre soin des autres,
- être attentive à leurs besoins,
- apporter un soutien pratique ou émotionnel,
- écouter un proche qui traverse une période difficile,
- penser à appeler un parent isolé,
- remarquer qu’un enfant ne va pas bien…
Ces attentions font partie de la richesse de nos relations. Mais elles demandent aussi du temps et de l’énergie.
L’Organisation internationale du Travail rappelle que le travail de soin non rémunéré reste majoritairement assumé par les femmes.
En Suisse, cette répartition inégale se retrouve également dans l’organisation du quotidien. Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), dans 65 % des ménages composés d’un couple avec enfants, c’est principalement la femme qui organise la vie quotidienne : planification des repas, rendez-vous ou échéances à ne pas oublier. Ces responsabilités sont partagées entre les deux partenaires dans 32 % de ces ménages.
Lorsque l’on devient celle qui pense à tout, ce n’est pas seulement la quantité de choses à faire qui fatigue. C’est aussi le sentiment que, si l’on cesse d’y penser, certaines choses risquent tout simplement de ne pas être faites.
Cette impression de devoir être à la hauteur partout
Il y a aussi toutes ces attentes, parfois contradictoires, auxquelles nous essayons de répondre.
Être sérieuse et investie dans son travail. Présente pour ses proches. Disponible pour ses amis. Et, bien entendu, ne pas oublier de prendre soin de soi.
Peu à peu, certaines exigences deviennent si familières qu’on ne les questionne plus.
Pourtant, ce sentiment de devoir tout assurer ne relève pas forcément d’un perfectionnisme personnel. Il se construit aussi à travers l’éducation, les expériences et les modèles auxquels nous avons été exposées.
Se demander d’où viennent ces exigences permet parfois de les regarder avec un peu plus de distance.
Dire non : une difficulté qui ne se résume pas à la volonté
On conseille souvent aux femmes d’apprendre à poser leurs limites. Le conseil est pertinent, mais il oublie parfois une réalité : dire non n’est pas toujours sans conséquence.
Refuser une demande au travail peut susciter la crainte de paraître moins impliquée. Demander à son conjoint de prendre davantage de responsabilités peut provoquer une discussion délicate. Ne pas être disponible pour un proche peut réveiller une forme de culpabilité.
Il ne suffit donc pas toujours de décider d’être plus affirmée.
D’autant que les sollicitations ne s’arrêtent plus nécessairement à la porte du bureau. Entre les messages professionnels, les notifications et les préoccupations que l’on emporte chez soi, il devient parfois difficile de véritablement déconnecter.
Le corps s’arrête, mais l’esprit continue sa journée.
Fatigue mentale, stress et burn-out : ne pas tout confondre
Ces trois notions sont proches, mais elles ne sont pas interchangeables.
La fatigue mentale désigne une sensation de lassitude cognitive, qui peut notamment apparaître après une période de sollicitations importantes.
Le stress correspond à la réaction de notre organisme face à une situation perçue comme exigeante ou menaçante. Lorsqu’il se prolonge, il peut participer à l’épuisement.
Quant au burn-out, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le décrit comme un phénomène lié à un stress chronique au travail qui n’a pas été correctement maîtrisé. Il peut notamment se traduire par un épuisement, une prise de distance vis-à-vis du travail et une diminution du sentiment d’efficacité professionnelle. L’OMS le classe comme un phénomène professionnel, et non comme une maladie à part entière.
Toute fatigue ne signifie donc pas burn-out. La fatigue persistante n’est d’ailleurs pas toujours liée à une surcharge mentale : elle peut également avoir des causes associées au sommeil, à une maladie, à un traitement ou à d’autres facteurs de santé.
Si elle dure plusieurs semaines, s’aggrave, perturbe votre quotidien ou s’accompagne d’autres symptômes, un avis médical est recommandé pour en rechercher les causes.
Un élément mérite également notre attention : la fatigue cognitive peut se manifester avant même que nos performances diminuent nettement.
Nous pouvons encore réussir à accomplir nos tâches tout en ressentant un effort croissant pour y parvenir.
Cette impression de devoir nous concentrer davantage, de perdre patience plus rapidement ou de ne plus réussir à anticiper les événements peut constituer un signal à prendre au sérieux.
Attendre de ne plus pouvoir avancer pour s’accorder du repos n’est donc pas nécessairement la meilleure stratégie.
Comment alléger ce qui pèse sur notre esprit ?
Quand on est déjà fatiguée, la dernière chose dont on a besoin est probablement d’une nouvelle liste d’objectifs à atteindre. Entendre une fois de plus qu’il faudrait se reposer ou mieux s’organiser peut même devenir agaçant.
Je vous propose plutôt quelques pistes à explorer, sans chercher à tout changer d’un seul coup.
Regarder ce que l’on porte vraiment
Nous savons généralement ce que nous faisons dans une journée. Mais savons-nous toujours ce dont nous nous sentons responsables ?
Il peut être intéressant, pendant quelques minutes, de noter ce que l’on accomplit concrètement, ce que l’on anticipe et ce que l’on surveille pour les autres.
On découvre parfois que la liste des choses auxquelles on pense est bien plus longue que celle des tâches effectivement réalisées.
Un exercice simple : pendant une journée, notez les petites obligations qui vous traversent l’esprit sans être liées à votre activité du moment.
Par exemple : penser à renouveler une ordonnance, organiser un anniversaire, vérifier une échéance administrative, rappeler un proche ou préparer un déplacement.
Le soir, relisez cette liste et demandez-vous combien de ces responsabilités reposent uniquement sur vous.
Ce simple constat peut ouvrir une discussion sur ce qui pourrait être partagé.
Partager l’organisation
Reprenons l’exemple des courses.
Si quelqu’un d’autre se rend au supermarché, mais que vous devez toujours établir les menus, vérifier les placards et préparer la liste, la responsabilité de l’organisation reste la vôtre.
Un véritable partage suppose que chacun puisse aussi anticiper, décider et assurer le suivi de certaines tâches.
Cela ne se met pas forcément en place du jour au lendemain. Il faut parfois en parler, revoir certaines habitudes et accepter que tout ne soit pas fait exactement comme on l’aurait fait soi-même.
Une piste concrète consiste à confier une responsabilité complète plutôt qu’une succession de petites tâches.
Par exemple, la personne chargée de l’organisation des repas de la semaine décide des menus, vérifie les provisions et prévoit les achats nécessaires, sans attendre que quelqu’un lui rappelle chaque étape.
L’enjeu n’est pas seulement de faire moins, mais aussi d’avoir moins de choses à surveiller.
Faire une chose à la fois, autant que possible
Nous ne pouvons pas toujours éviter les imprévus, mais nous pouvons parfois limiter les changements d’activité que nous nous imposons nous-mêmes.
Lorsque vous devez effectuer une tâche demandant de la concentration, essayez de lui réserver un temps dédié.
Vous pouvez, par exemple, travailler pendant 30 minutes sur un dossier sans consulter vos messages, puis consacrer quelques minutes aux demandes reçues.
Pour les tâches administratives, regrouper certains courriers, paiements ou prises de rendez-vous dans un même créneau peut également éviter de devoir s’y replonger plusieurs fois dans la journée.
Il ne s’agit pas de devenir rigide dans son organisation, mais de préserver des moments où notre attention peut rester consacrée à une seule chose.
Libérer sa mémoire des choses à ne pas oublier
Nous avons parfois tendance à nous répéter mentalement une obligation par peur de l’oublier.
Mais garder constamment une tâche en tête ne garantit pas qu’elle sera accomplie au bon moment.
Une solution consiste à utiliser un système de rappel simple et fiable.
Si vous devez envoyer un document important, programmez une alerte au moment où vous pourrez réellement vous en occuper.
Pour les courses, gardez une liste accessible à laquelle vous ajoutez les produits au fur et à mesure.
Pour les démarches administratives, réservez un créneau régulier dans votre agenda.
L’important est de choisir un système que vous utiliserez réellement, sans multiplier les applications, les listes et les post-it.
Car une organisation trop compliquée peut finir par devenir une charge supplémentaire.
Prévoir des pauses qui reposent réellement l’attention
Nous passons parfois d’une réunion à un email, puis d’un appel téléphonique à une conversation, sans véritable transition.
Et lorsque quelques minutes se libèrent, nous consultons spontanément notre téléphone.
Pourtant, notre attention peut bénéficier de moments où elle n’a plus à traiter de nouvelles informations.
Après une activité exigeante, essayez de vous accorder trois à cinq minutes sans écran ni sollicitation particulière.
Vous pouvez marcher un peu, regarder à l’extérieur, vous étirer ou simplement respirer tranquillement.
Une respiration lente et confortable peut aussi offrir un moment d’apaisement. Certaines pratiques, comme la cohérence cardiaque, proposent un rythme respiratoire guidé. Elles ne remplacent toutefois pas une réflexion sur les causes de la surcharge mentale.
Ces pauses ne font pas disparaître la charge mentale, mais elles permettent de ne pas ajouter systématiquement une nouvelle stimulation à la précédente.
Distinguer ce que l’on peut changer de ce qui nous est imposé
Certaines exigences peuvent être assouplies. D’autres sont liées à des contraintes professionnelles, financières ou familiales bien réelles.
Face à une situation qui nous épuise, nous pouvons nous demander :
Est-ce que je m’impose cette exigence ? Est-ce qu’elle vient de mon environnement ? De quelle marge de manœuvre est-ce que je dispose réellement ?
Ces questions évitent de faire de notre capacité à « lâcher prise » la réponse à toutes les difficultés.
Elles peuvent également aider à mieux comprendre pourquoi poser une limite est parfois compliqué, et quel soutien serait nécessaire pour y parvenir.
Il peut aussi être utile de distinguer ce qui est véritablement urgent de ce qui peut attendre.
Lorsque plusieurs obligations se présentent simultanément, choisissez une ou deux priorités réalistes et autorisez-vous à reporter le reste.
Tout ne demande pas le même degré d’attention ni la même rapidité d’exécution.
Ne pas chercher à tout résoudre seule
Il arrive que la fatigue ne puisse pas être allégée uniquement par un changement d’habitude.
Une répartition différente des responsabilités familiales, une discussion sur la charge de travail ou un soutien extérieur peuvent être nécessaires.
Reconnaître que certaines solutions dépendent aussi des autres n’est pas un aveu d’impuissance. C’est une manière plus juste de considérer la situation.
Et si retrouver son équilibre ne signifiait pas en faire davantage ?
Nous avons parfois tendance à aborder notre fatigue comme un problème supplémentaire à résoudre : mieux gérer notre temps, mieux dormir, mieux organiser nos journées, mieux poser nos limites.
Mais cette recherche d’équilibre ne devrait pas devenir un travail de plus.
Lorsque l’on se sent constamment sollicitée, il peut devenir difficile de distinguer ce que l’on souhaite vraiment de ce que l’on a pris l’habitude de faire pour répondre aux attentes.
Retrouver un peu d’espace commence parfois par observer les moments où notre attention est la plus dispersée, reconnaître les responsabilités que nous assumons et identifier celles qui pourraient être partagées.
Certains changements sont individuels. D’autres demandent des discussions, des ajustements dans notre environnement professionnel ou familial, et parfois un soutien extérieur.
Notre attention possède des limites. Rester constamment disponible, anticiper de nombreuses demandes et passer sans interruption d’une responsabilité à une autre peut devenir éprouvant.
Et surtout, retrouver du temps pour soi ne devrait pas signifier remplir immédiatement cet espace avec une nouvelle activité utile.
Parfois, ne rien prévoir est déjà une manière de se retrouver.
Peut-être que retrouver un peu de légèreté commence aussi par reconnaître que nous n’avons pas à tout porter, ni à tout résoudre seules.
Note :
Cet article est proposé à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Pour en savoir plus sur les limites de nos contenus, consultez notre avertissement santé et bien-être .
Sources et références :
- Organisation mondiale de la santé (OMS) — Le burn-out comme phénomène professionnel
- Organisation internationale du Travail (OIT) — Care work and care jobs for the future of decent work
- NHS — Tiredness and fatigue
- André Tricot, « Charge mentale : pourquoi notre cerveau sature », Cerveau & Psycho, n° 191, octobre 2026.
- Jean-Charles Girardeau, « Sept conseils pour alléger sa charge mentale », Cerveau & Psycho, n° 191, octobre 2026.
- Édith Galy et Margot Brunet, « Charge mentale : quand trop c’est trop, comment ralentir ? », Cerveau & Psycho, n° 191, octobre 2026
- Wiehler, A., Branzoli, F., Adanyeguh, I., Mochel, F. et Pessiglione, M. (2022). « A neuro-metabolic account of why daylong cognitive work alters the control of economic decisions », Current Biology, 32(16), 3564–3575.e5
- Rubinstein, J. S., Meyer, D. E. et Evans, J. E. (2001). « Executive control of cognitive processes in task switching », Journal of Experimental Psychology: Human Perception and Performance, 27(4), 763–797.
- Office fédéral de la statistique (OFS) — Familles et générations : organisation de la vie quotidienne







