- Pauline Chaix naît le 1er novembre 1850 à Genève.
- En 1896, elle fait partie du comité d’organisation du Premier Congrès suisse des intérêts féminins à Genève.
- Elle est présidente de l’Union des femmes de 1902 à 1905.
- Elle est membre du CICR dès 1922.
- Pauline Chaponnière-Chaix décède le 6 décembre 1934 à Genève.
Dans le panorama de la Genève internationale et du mouvement des femmes en Suisse, le nom de Pauline Chaponnière-Chaix permet d’éclairer la transition entre l’action sociale de la fin du XIXᵉ siècle et un engagement féministe et humanitaire plus structuré.
Son parcours témoigne d’une époque où les femmes, privées de droits civiques, acquièrent une visibilité et une influence dans l’espace public par le professionnalisme et l’action associative.
Une Genevoise issue d’un milieu cultivé, mais marquée très tôt par la rupture
Une enfance dans la Genève protestante du XIXᵉ siècle
Pauline Chaix voit le jour le 1er novembre 1850 à Genève. Elle grandit dans une famille de la bourgeoisie protestante, au sein d’un environnement valorisant la culture et l’ouverture.
Fille de Paul Chaix, géographe, et d’Adèle née Chaponnière, elle fréquente peu l’école ; selon le projet 100Elles*, elle effectue toutefois un séjour en Allemagne. Plus tard, cette aisance linguistique et relationnelle facilitera ses activités dans des réseaux suisses et internationaux.
Le veuvage comme bascule biographique
À 18 ans, en 1868, elle épouse Édouard Chaponnière, un lointain cousin, banquier. Elle devient veuve et sans enfant en 1878. Elle consacre ensuite sa vie à l’œuvre sociale, féministe et humanitaire.
Avant le féminisme organisé : l’école rude du terrain social
Les diaconesses de Reuilly : apprendre le soin, la discipline et l’action sociale
En 1880, Pauline quitte la Suisse pour Paris et entre comme élève à la Maison des diaconesses de Reuilly. Elle passe en France une quinzaine d’années comme diaconesse. Après s’être occupée d’enfants dans une « salle d’asile », elle travaille dans une prison pour femmes à Doullens, où elle ne reste que deux ans, le travail étant épuisant.
Prison de femmes, pensionnat, formation d’infirmière : une expertise construite hors des salons
Après Doullens, elle est désignée pour diriger à Versailles une maison pour jeunes filles protestantes, « Les Ombrages ». Tout en faisant fonctionner la maison, elle obtient son diplôme d’infirmière. En 1893, elle doit quitter pour raisons de santé et rentre en Suisse.
Le retour en Suisse : quand l’action sociale devient engagement féministe
Genève, laboratoire des intérêts féminins
À son retour, Pauline Chaponnière-Chaix s’engage activement dans les mouvements féminins et féministes genevois, suisses et internationaux. En 1896, elle fait partie du comité d’organisation du Premier Congrès suisse des intérêts féminins à Genève.
Elle préside l’Union des femmes de 1902 à 1905.
De l’Union des femmes de Genève à l’Alliance de sociétés féminines suisses
De cette dynamique naît, quelques années plus tard, l’Alliance de sociétés féminines suisses (ASF), dont elle est élue deux fois présidente (1904-1910 et 1916-1920).
L’ASF fédère un large éventail d’associations féminines et s’intéresse notamment aux questions de statut juridique et de conditions de vie des femmes.
Pourquoi Pauline Chaponnière-Chaix devient suffragiste
Le choc politique de 1896 : quand les femmes comprennent qu’elles ne comptent pas
Selon 100Elles*, Pauline Chaponnière-Chaix raconte être devenue militante pour le droit de vote des femmes en 1896, après le rejet, par les citoyens genevois, d’une initiative visant la fermeture des maisons closes.
Une bâtisseuse de réseaux féminins, pas seulement une figure symbolique
Organiser, présider, relier : son vrai pouvoir
En 1921, elle préside le deuxième Congrès des intérêts féminins à Berne.
Le Conseil international des femmes : Genève dans une diplomatie féminine mondiale
Sur le plan international, une source interne du Conseil international des femmes (ICW) indique qu’en 1904, elle mène la délégation au Conseil triennal de Berlin, où le Conseil suisse est affilié à l’ICW.
Après la Première Guerre mondiale, elle devient présidente du Conseil international des femmes ; selon 100Elles*, elle remet son poste deux ans plus tard, faute de pouvoir assumer les frais liés à la fonction.
Du féminisme à la Croix-Rouge : l’entrée d’une femme au cœur de l’humanitaire genevois
1922 : membre du Comité international de la Croix-Rouge
Dès 1922, Pauline Chaponnière-Chaix siège au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), après l’entrée de Renée-Marguerite Frick-Cramer (première femme membre du Comité). Elle est vice-présidente du CICR entre 1930 et 1932.
Pourquoi cette nomination compte dans l’histoire des femmes suisses
Au CICR, elle s’occupe beaucoup de la « question infirmière ».
Ce que son parcours dit du féminisme suisse romand
Un féminisme d’organisation plus que de rupture
Pauline Chaponnière-Chaix illustre un féminisme surtout organisationnel et institutionnel, s’appuyant sur des associations et des réseaux pour agir dans l’espace public.
Les limites de son époque : classe sociale, religion, morale
L’ASF, association faîtière, connaît aussi des tensions internes : les associations d’ouvrières (Union suisse des ouvrières) la quittent en 1912, estimant l’organisation « trop à droite ».
Héritage : pourquoi Pauline Chaponnière-Chaix mérite d’être relue aujourd’hui
Une mémoire encore discrète
Pauline Chaponnière-Chaix meurt le 6 décembre 1934 à Genève.
En 2019, le projet 100Elles* rend son nom visible dans l’espace public genevois, notamment via des plaques temporaires.
Ce qu’elle transmet aux femmes d’aujourd’hui
Son parcours rappelle l’importance de l’action associative, des réseaux et de la professionnalisation de l’engagement social dans un contexte où les droits politiques des femmes restent longtemps absents.
Sources :
- Pauline Chaponnière née Chaix, Bibliothèque de Genève Iconographie – https://www.bge-geneve.ch/iconographie/personne/pauline-chaponniere-nee-chaix
- Chaponnière-Chaix, Pauline, Dictionnaire historique de la Suisse – https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/009283/2003-11-26/
- Association suisse pour le suffrage féminin, Wikipédia – https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_suisse_pour_le_suffrage_f%C3%A9minin
- Pauline Chaponnière-Chaix, Wikipédia – https://fr.wikipedia.org/wiki/Pauline_Chaponni%C3%A8re-Chaix
- Chaponnière-Chaix, Pauline (1850-1934), Base de données des élites suisses – https://elitessuisses.unil.ch/p/62975?v=2024-05-14











