Dermopigmentation en Suisse romande : comment bien choisir sa praticienne ?

Gros plan sur les yeux et les sourcils d’une femme avec un maquillage permanent naturel Gros plan sur les yeux et les sourcils d’une femme avec un maquillage permanent naturel

Choisir une praticienne en dermopigmentation ne se résume pas à regarder quelques photos ou à comparer les tarifs. Formation, hygiène, pigments, résultat attendu, retouches et suivi : voici les points essentiels à vérifier avant de prendre rendez-vous en Suisse romande.

Redessiner des sourcils clairsemés, raviver la couleur des lèvres, intensifier le regard ou atténuer visuellement certaines marques : la dermopigmentation peut répondre à des attentes très différentes.

Le résultat étant destiné à rester visible pendant une longue période, cette démarche mérite toutefois davantage de réflexion qu’un maquillage traditionnel. Le choix d’une praticienne ne devrait pas reposer uniquement sur un tarif, une photographie publiée sur les réseaux sociaux ou la promesse d’un résultat spectaculaire.

Son expérience, son approche du naturel, ses pratiques d’hygiène, la traçabilité de ses pigments et la qualité du suivi sont tout aussi importantes. Avant de prendre rendez-vous, voici les questions qui permettent d’évaluer le sérieux de la prestation et d’avancer avec des attentes réalistes.

Qu’est-ce que la dermopigmentation ?

La dermopigmentation consiste à introduire des pigments dans la peau au moyen d’un dermographe et de modules d’aiguilles adaptés. Dans le langage courant, les expressions « maquillage permanent », « micropigmentation » et « dermopigmentation » sont souvent employées pour désigner des pratiques proches.

Contrairement au maquillage classique, le résultat ne disparaît pas au démaquillage. Il évolue progressivement avec le temps, selon la zone travaillée, la technique employée, les pigments, la peau, l’exposition au soleil et les habitudes de soin.

Le maquillage permanent esthétique vise généralement à redessiner ou à intensifier certaines parties du visage, comme les sourcils, les lèvres ou la ligne des cils. La dermopigmentation réparatrice répond à une démarche différente : elle cherche à améliorer visuellement une irrégularité, une marque cutanée ou une modification de l’apparence.

Dans les deux cas, il est important de comprendre que le résultat est durable et peut être difficile à modifier ou à retirer. La législation suisse définit d’ailleurs le maquillage permanent comme l’introduction de pigments dans le derme par micro-injections. (Fedlex)

Quelle est votre formation et depuis combien de temps pratiquez-vous ?

La première question concerne naturellement le parcours de la praticienne.

  • Depuis combien de temps exerce-t-elle ?
  • Quelles formations a-t-elle suivies ?
  • Travaille-t-elle régulièrement la zone qui vous intéresse ?
  • S’est-elle spécialisée dans une approche particulière, par exemple le maquillage permanent naturel ou la dermopigmentation réparatrice ?

En Suisse, la formation dans ce domaine n’est pas réglementée de façon parfaitement uniforme à l’échelle nationale. Certaines règles peuvent également varier selon les cantons. À Genève, le maquillage permanent fait partie des activités considérées comme pouvant présenter un risque pour la santé et relève d’exigences cantonales spécifiques. (OSAV)

Il est donc légitime de demander à la professionnelle de présenter son parcours, ses formations et son expérience. Une praticienne sérieuse doit pouvoir répondre simplement, sans transformer la discussion en argumentaire commercial.

Avez-vous l’habitude de réaliser la prestation que j’envisage ?

Toutes les zones ne se travaillent pas de la même manière.

Une pigmentation des lèvres, une intensification de la ligne des cils, une restructuration des sourcils ou un travail sur une marque cutanée nécessitent des techniques et des compétences différentes.

Demandez à voir des exemples récents correspondant réellement à votre demande. Les photographies les plus utiles sont celles qui montrent le résultat avant la séance, immédiatement après, puis une fois la couleur stabilisée.

Les images très filtrées, prises sous un éclairage flatteur ou publiées uniquement juste après la pigmentation ne permettent pas toujours d’apprécier le résultat final.

Dans ma pratique, je privilégie une approche naturelle. Le maquillage permanent doit soutenir les traits du visage sans donner l’impression d’un maquillage trop marqué dès le réveil. Il doit aussi laisser la possibilité d’intensifier le résultat avec un crayon ou un maquillage classique selon les envies.

Un échange préalable est-il prévu avant la séance ?

Un rendez-vous sérieux ne commence pas immédiatement par l’utilisation du dermographe.

La praticienne doit d’abord prendre le temps de comprendre votre demande, d’observer la zone concernée et de vous expliquer ce qui est réalisable. Elle doit également s’informer de l’existence d’une ancienne pigmentation, de sensibilités particulières ou de circonstances pouvant justifier de reporter la prestation.

Cet échange permet de vérifier que vos attentes correspondent à ce que la technique peut réellement apporter.

Il doit aussi vous laisser la possibilité de réfléchir. Une personne hésitante ne devrait jamais être poussée à prendre une décision immédiate.

Un dessin est-il réalisé avant l’implantation des pigments ?

Le dessin préalable constitue une étape essentielle, en particulier pour les sourcils et les lèvres.

Il permet de visualiser la forme, les proportions et l’équilibre général avant de commencer la pigmentation. Vous devez pouvoir observer le résultat, exprimer vos réserves et demander des ajustements.

La morphologie du visage, les expressions naturelles, la carnation et les habitudes de maquillage doivent être prises en considération. Un modèle standard ne convient pas à toutes les personnes.

Avant de commencer, assurez-vous d’avoir compris et accepté :

  • la forme proposée ;
  • la couleur choisie ;
  • l’intensité recherchée ;
  • les limites du résultat ;
  • les éventuelles retouches à prévoir.

Le consentement ne devrait pas se limiter à une signature. Il suppose d’avoir reçu une information claire et d’avoir pu poser ses questions.

Comment le matériel et l’espace de travail sont-ils préparés ?

La dermopigmentation implique une effraction de la peau. L’hygiène doit donc être visible, expliquée et constante.

Vous pouvez demander si les modules d’aiguilles sont stériles et à usage unique, comment les surfaces sont nettoyées et comment le poste de travail est préparé entre deux personnes.

Une praticienne doit également pouvoir expliquer les précautions qu’elle applique concernant les gants, la désinfection, le stockage du matériel et l’élimination des éléments utilisés.

L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires publie des directives de bonnes pratiques portant précisément sur l’hygiène lors des tatouages, du maquillage permanent et des pratiques apparentées. (OSAV)

Une réponse claire et concrète est généralement rassurante. Une professionnelle ne devrait pas se montrer évasive lorsque vous l’interrogez sur l’hygiène.

Quels pigments utilisez-vous ?

Le mot « minéral » est parfois utilisé comme un argument rassurant, mais il ne suffit pas, à lui seul, à démontrer la qualité ou la conformité d’un pigment.

Les questions les plus utiles concernent plutôt :

  • le fabricant ;
  • l’étiquetage ;
  • la composition ;
  • le numéro de lot ;
  • les conditions de conservation ;
  • la destination du produit pour le maquillage permanent ;
  • sa conformité avec la réglementation applicable.

En Suisse, les encres de tatouage et de maquillage permanent ne font pas l’objet d’une autorisation préalable. Elles doivent néanmoins respecter l’Ordonnance sur les objets destinés à entrer en contact avec le corps humain. Le fabricant est responsable de la sécurité du produit, mais la personne qui l’utilise doit également veiller à ne pas employer une encre dangereuse pour la santé. (OSAV)

Une praticienne sérieuse doit donc être en mesure d’identifier les pigments utilisés lors de votre séance et d’en assurer la traçabilité.

Dans quelles situations refusez-vous ou reportez-vous une prestation ?

Savoir refuser fait partie du professionnalisme.

Une peau irritée, une zone fragilisée, une cicatrice récente ou certaines situations particulières peuvent conduire la praticienne à reporter la séance ou à recommander un avis médical préalable.

Elle n’a pas à établir de diagnostic. Elle doit en revanche connaître les limites de son champ d’intervention et reconnaître les situations dans lesquelles elle ne peut pas travailler avec suffisamment de sécurité.

Vous pouvez lui demander :

  • si elle utilise un questionnaire préalable ;
  • dans quels cas elle refuse une prestation ;
  • ce qu’elle fait lorsqu’elle a un doute sur l’état de la peau ;
  • si elle demande parfois l’accord d’un médecin ou d’un dermatologue.

Une réponse prudente est préférable à une affirmation du type « il n’y a aucun risque » ou « cela convient à tout le monde ».

Quel résultat est réaliste dans mon cas ?

Une photographie d’inspiration peut aider à expliquer ce que vous aimez, mais elle ne garantit jamais un résultat identique.

La forme du visage, la carnation, la nature de la peau, les poils existants, les anciennes pigmentations et la réaction individuelle influencent le rendu.

La praticienne doit vous expliquer ce qu’elle pense pouvoir obtenir, sans promettre une symétrie parfaite, une couleur totalement stable ou une tenue identique pour chaque personne.

Elle doit également parler des limites. Une dermopigmentation ne peut pas toujours masquer complètement une ancienne couleur, corriger toutes les asymétries ou produire le même effet sur toutes les peaux.

Le naturel repose souvent sur la mesure : respecter les traits existants, éviter les couleurs trop intenses et anticiper la manière dont le visage évoluera dans le temps.

À quoi faut-il s’attendre après la séance ?

Le résultat observé immédiatement après la pigmentation n’est généralement pas le résultat définitif.

La couleur peut paraître plus intense au départ, puis évoluer progressivement. L’apparence de la zone change également pendant les jours qui suivent la séance.

La praticienne doit vous expliquer cette évolution avant de commencer, afin que vous ne découvriez pas ces étapes une fois rentrée chez vous.

Elle doit aussi vous remettre des consignes adaptées à la zone travaillée. Celles-ci peuvent concerner le nettoyage, le produit recommandé, la protection solaire ou certaines activités à éviter temporairement.

Il est préférable de recevoir ces indications par écrit. Les protocoles pouvant varier selon les techniques et les personnes, il faut suivre les recommandations précises de la professionnelle qui a réalisé la prestation plutôt qu’une routine trouvée sur les réseaux sociaux.

Quand la retouche est-elle réalisée ?

Une séance de contrôle est souvent prévue après la période nécessaire à l’évolution de la couleur.

Dans ma pratique, je revois généralement la personne environ quatre semaines plus tard afin d’observer le résultat et d’effectuer, si nécessaire, quelques ajustements.

Ce délai n’est toutefois pas une règle universelle. La praticienne doit vous expliquer à quel moment elle souhaite revoir la zone et pourquoi.

Avant de réserver, demandez si cette retouche est comprise dans le prix, ce qu’elle peut corriger et ce qui serait facturé séparément.

Combien de temps le résultat va-t-il tenir ?

La durée ne peut pas être garantie avec précision.

Elle varie selon l’âge, la zone, la peau, les pigments, la technique, l’exposition au soleil et les habitudes de soin. Deux personnes ayant reçu une prestation similaire peuvent constater une évolution différente.

À titre indicatif, les sourcils, la ligne des cils ou l’eye-liner peuvent rester visibles plusieurs années. Les lèvres nécessitent souvent un rafraîchissement plus tôt. Ces indications restent des moyennes et ne constituent pas une promesse individuelle.

Méfiez-vous des discours annonçant une tenue parfaitement définie ou un résultat qui ne changera jamais.

Une pigmentation durable évolue nécessairement. Un entretien peut être envisagé lorsque la couleur perd en intensité, mais il ne devrait pas être réalisé automatiquement sans observer l’état de la pigmentation existante.

Que comprend exactement le prix ?

Le tarif affiché ne dit pas toujours ce qui est réellement compris.

Avant de confirmer le rendez-vous, vérifiez :

  • si la consultation préalable est incluse ;
  • si le dessin et le choix de la couleur font partie de la séance ;
  • si une retouche est comprise ;
  • dans quel délai cette retouche doit être effectuée ;
  • si le suivi après la séance est assuré ;
  • quel sera le prix d’un futur rafraîchissement.

Un prix particulièrement bas ne signifie pas nécessairement que la prestation sera mauvaise, mais il ne devrait jamais vous empêcher de vous interroger sur la formation, les pigments, le matériel et le temps consacré au rendez-vous.

Quels sont les signes rassurants ?

Une praticienne inspire généralement confiance lorsqu’elle :

  • explique son travail sans minimiser les limites ;
  • pose elle-même des questions avant d’accepter la prestation ;
  • prend le temps d’écouter le résultat recherché ;
  • réalise un dessin préalable ;
  • utilise un matériel adapté et traçable ;
  • montre des résultats réalistes ;
  • remet des consignes écrites ;
  • reste disponible pour le suivi ;
  • reporte ou refuse une séance lorsqu’elle estime que les conditions ne sont pas réunies.

À Genève, les établissements proposant du tatouage ou du maquillage permanent doivent annoncer leur activité au Service de la consommation et des affaires vétérinaires dès le début de celle-ci. Cette démarche peut aussi faire partie des vérifications utiles auprès d’une praticienne locale. (ge.ch)

Quels signaux doivent inciter à la prudence ?

Certains comportements doivent vous encourager à prendre du recul :

  • une promesse de résultat parfait ou garanti ;
  • l’affirmation que la prestation est entièrement sans risque ;
  • une pression pour réserver immédiatement ;
  • l’absence de discussion sur votre peau ou vos attentes ;
  • un refus d’expliquer l’origine des pigments ;
  • des photographies systématiquement filtrées ;
  • l’absence de dessin préalable ;
  • aucune consigne après la séance ;
  • aucune possibilité de suivi ;
  • un discours qui minimise les difficultés d’une correction ou d’un retrait.

Une praticienne sérieuse ne vend pas seulement un résultat. Elle explique aussi les limites, les précautions et les raisons pour lesquelles une prestation peut parfois être reportée.

Prendre le temps de choisir

La dermopigmentation peut constituer une belle démarche lorsqu’elle est réfléchie, adaptée à la personne et réalisée dans de bonnes conditions.

Les bonnes questions ne sont pas un signe de méfiance. Elles permettent de comprendre le travail proposé, de vérifier le sérieux de la praticienne et de s’assurer que le résultat recherché reste réaliste.

Prenez le temps d’observer, de comparer et de réfléchir. Une professionnelle attentive respectera toujours votre besoin d’être informée avant de vous engager.

Note :

Cet article est proposé à titre informatif et ne remplace pas un avis médical, dermatologique ou chirurgical. En cas de maladie, de traitement médical, de grossesse, d’allergie, d’affection cutanée, de cicatrice récente ou de doute concernant votre état de santé, demandez conseil à un professionnel de santé avant toute dermopigmentation.

Portrait de Sandrine De Guzman de Saint-Nicolas, spécialiste en dermopigmentation réparatrice et maquillage permanent naturel

Sandrine De Guzman de Saint-Nicolas

Spécialiste en dermopigmentation réparatrice et maquillage permanent naturel

Sandrine De Guzman de Saint-Nicolas est spécialiste en dermopigmentation réparatrice et maquillage permanent naturel à Genève. Fondatrice de Sandrine MY Concept, elle accompagne des personnes souhaitant retrouver une harmonie esthétique après des changements corporels, des marques cutanées ou une perte de repères dans leur image.

Pour Esprit Féminin, elle intervient comme contributrice experte sur les sujets liés au maquillage permanent, à la dermopigmentation, à l’esthétique réparatrice, aux précautions d’hygiène et à la relation entre image de soi et confiance personnelle.


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