Le 13 octobre, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées à Genève pour la mobilisation de World with Women Switzerland. Une journée faite de rencontres, de sourires, d’engagement et d’une envie commune de faire évoluer les choses. Et maintenant ?
Une cinquantaine de personnes et beaucoup d’envie
Nous avions rendez-vous place des Nations, à Genève. Le mot d’ordre côté vestimentaire ? De la couleur et de la joie ! Une façon d’afficher, dès le départ, l’esprit de cette mobilisation.
À notre arrivée, nous sommes accueillies comme des amies. Des sourires, des échanges spontanés, une simplicité qui met immédiatement à l’aise. Et c’est aussi cela, World with Women : qui que vous soyez, d’où que vous veniez, si vous avez envie de faire avancer la mixité, vous êtes les bienvenus.
Nous sommes une petite cinquantaine à nous retrouver ce 13 octobre. Pas une foule immense, certes, mais une belle énergie collective et le plaisir de se réunir autour d’une conviction commune : notre monde a besoin de toute son humanité pour relever les défis qui l’attendent.

Sigolène Chavane, Natacha de Santignac et Alice Gallwey, entourées des membres du collectif World with Women Switzerland, donnent le ton de cette journée. Une mobilisation internationale inspirée notamment par la grève des Islandaises de 1975, lorsque les femmes avaient décidé de s’arrêter pour montrer à quel point leur contribution était indispensable au fonctionnement du pays.
Puis vient un moment de silence. Une minute pour nos sœurs afghanes, privées de libertés fondamentales. Un instant particulièrement fort, qui rappelle que derrière les mots « égalité » et « droits des femmes » se cachent des réalités terriblement différentes selon l’endroit où l’on naît.
Et puis nous nous mettons en marche.
Dans les rues de Genève, les conversations se poursuivent, les sourires s’échangent et quelques badauds se joignent spontanément à notre groupe. L’enthousiasme est communicatif. Une marche joyeuse, spontanée et déterminée, portée par cette conviction partagée que les choses peuvent évoluer et que nous avons toutes et tous un rôle à jouer.

« J’ose, je peux, je fais »
Trois petits verbes. Presque une évidence. Et pourtant, tout un programme.
J’ose. Oser prendre la parole, questionner ce qui semble acquis, sortir des rôles dans lesquels nous avons parfois été installées, ou dans lesquels nous nous sommes nous-mêmes confortablement installées. Oser imaginer les choses autrement.
Je peux. Parce que nous avons toutes et tous une capacité d’action, même modeste. Parce que les grandes transformations commencent aussi par des initiatives individuelles, des rencontres et des convictions qui finissent par se rejoindre.
Je fais. C’est peut-être là que les choses deviennent vraiment intéressantes. Passer de l’intention à l’action. Ne pas attendre que les autres s’en chargent. Accepter aussi que les premiers pas soient imparfaits, que tout ne soit pas encore organisé, structuré ou parfaitement défini.
Le 13 octobre, à Genève comme ailleurs dans le monde, des femmes ont choisi de faire ce premier pas.
Reste à savoir où il nous mènera.
Et maintenant, quelle suite pour World with Women Switzerland ?
C’est toute la question. La mobilisation du 13 octobre est passée, mais l’ambition du mouvement ne s’arrête évidemment pas à une marche annuelle.
En Suisse, la réflexion se poursuit sur la manière de donner une existence durable à World with Women. Association, fondation ou autre forme d’organisation ? Rien n’est encore définitivement arrêté.
En revanche, trois grandes priorités commencent à se dessiner.
Faire entrer davantage de femmes dans les lieux où se prennent les décisions.
Dans les entreprises, les institutions politiques, les organisations et partout où se dessine notre avenir collectif. Non pas pour remplacer une domination par une autre, mais parce qu’une société ne peut pas prétendre représenter toute sa population lorsque les décisions restent majoritairement entre les mains d’une seule partie de celle-ci.
Lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
Une priorité qui rappelle que l’égalité ne se résume pas à une question de représentation. Elle concerne aussi la sécurité, la liberté et le droit de chacune à vivre sans violence ni peur.
Reconnaître et valoriser ce qui fait tenir notre société debout.
Prendre soin des enfants, accompagner les personnes âgées, soutenir les proches, organiser le quotidien, aider, écouter, être présente. Tout ce travail, rémunéré ou non, reste encore très largement assumé par les femmes.
Un travail souvent discret, parfois invisible, et pourtant absolument indispensable.
Et si nous commencions par reconnaître sa véritable valeur, plutôt que de continuer à le considérer comme allant de soi ? La question est aussi celle de son partage, car faire progresser l’égalité suppose que ces responsabilités ne reposent plus principalement sur les mêmes épaules.
Ces trois ambitions ont un point commun : elles invitent à repenser la place des femmes et des hommes, non pas les uns contre les autres, mais ensemble.
Car c’est bien là toute la philosophie de World with Women : la mixité comme une nécessité pour construire une société plus juste, plus équilibrée et, pourquoi pas, plus heureuse.

Ce n’est qu’un début
C’est devant la statue de la Fille au poisson, à Genève, que notre marche s’achève. Un dernier moment de partage où chacune et chacun peut prendre la parole, raconter ce qui l’a amené là, exprimer ses convictions, ses espoirs ou simplement son envie de participer à la suite.
Et c’est peut-être ce que je retiendrai le plus de cette journée. Cette façon d’être ensemble, de s’écouter, de se retrouver autour d’une ambition commune, sans avoir besoin d’être d’accord sur tout ni de venir du même horizon.
Avec un collectif comme celui-là, difficile de ne pas avoir envie de s’engager à son tour, d’explorer les possibles et de croire que les choses peuvent évoluer.
Parce qu’après tout, lutter pour un monde plus juste et plus équilibré ne devrait pas nous empêcher de le faire dans la joie. Bien au contraire.
J’ose, je peux, je fais. Et surtout, on continue !
Note de transparence :
Ce reportage a été réalisé à Genève le 13 octobre 2026 par Élise Vautrin De Bastos, contributrice d’Esprit Féminin®, présente lors de la mobilisation World with Women. Esprit Féminin couvre cette initiative de manière indépendante et n’en est pas l’organisateur.
Crédits photographiques :
Natacha de Santignac. Photographies réalisées lors de la mobilisation World with Women Switzerland, le 13 octobre 2026 à Genève.







